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| Soeur Norma McDonald |
Projet Taratra, partenaire avec Développement et Paix, a pour but de
plaidoyer pour la bonne gouvernance de l’extraction minière à Madagascar
(grands investissements miniers).
Voici quelques faits :
·
Sherrit, une compagnie minière canadienne, est un
investisseur à 40 % à Ambatovy, situé dans le diocèse de Moramanga.
·
En 2006, un contrat était signée entre le Président de
Madagascar et les investisseurs. Personne n’a connaissance de ce contrat, sauf
la répartition des profits – 98 % aux investisseurs étrangers, 2 % à
Madagascar.
Nous sommes à Moramanga depuis hier
matin. L’évêque nous a accueilli comme de royauté. Son résumé du Projet Taratra
devient une réalité lors de notre visite au petit village d’Ambatomainty.
M. Rakotoarimanana nous fait part de
l’expérience vécue jusqu’à maintenant :
·
les gens vivant
plus proche du site de la mine étaient déplacés de leur terre ancestrale,
rémunéré 90 Euros par hectare, un seul paiement.
·
d’autres pouvaient
demeurer sur leur terre, mais avec plusieurs contraintes – aucune construction
est permise, ni pour construire des maisons pour les jeunes gens, ni pour amélioration
des bâtisses existantes, ni pour une école pour les enfants.
·
C’est interdit de
vivre de la forêt – pas de défrichage afin d’agrandir la capacité de nourrir sa
famille ni afin de maintenir leur terrain des plantes invasives, pas de coupage
des arbres pour soutenir les besoins de la petite communauté, même pas le droit
de planter d’autres arbres afin d’avoir un recours dans quelques années!
Je veux mentionner que la compagnie
minière a complètement déboisé des montagnes entières, sans contraintes ou
pénalités, que les arbres plantés et soignés par M. Jean-Baptiste a été coupé
sans cérémonie. Il faut savoir aussi que les enfants ne peuvent pas aller à
l’école car ça demande une marche à pieds de 4 heures, aller-retour, ET
nécessite un lift jusqu’à l’école…. et la liste pourrait continuer…
Qu’est-ce que les paysans cherchent?
Ils cherchent une transparence par les autorités et un développement
socio-économique au bénéfice de la population. Fidèle à leur culture, ces
Malgash agit en bonne foi, toujours prêt à travailler ensemble avec la
compagnie.
Dis-moi comment 2 % des profits
d’une mine de cobalt et nickel est juste? Est-ce possible de refaire ce contrat
afin de donner une juste part à la population de cette région et au pays? Je me trouve découragée devant cette réalité
car je craigne que non…
Nous n’avons pas du temps pour le
découragement. Je retrousse mes manches en pensant au charisme de ma
congrégation, les Sœurs de Sainte-Croix : l’éducation pour la libération.
À la fin de notre rencontre au petit
village d’Ambatomainty, nous avons donné la main à chacun, avec la promesse de
raconter leur histoire aux canadiens. En tout dernier, le plus vieux du
village a pris la parole, alors je lui laisse le dernier mot : Mes
petits-enfants ont besoin d’une école. Vous pouvez réaliser ce rêve?
Je le quitte, cachant mes larmes aux
yeux.
L’éducation pour la libération…











